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vendredi 7 mars 2008

Le soutien des Hodons !


J-2... Candide avait diffusé une centaine d’invitation pour son apéro de campagne. In fine, quatre personnes seulement seront présentes. Jacob et sa compagne, déjà acquis à sa cause. Une voisine, dont il ne connaît que trop le sujet obsessionnel : sa seule portion de rue, et qui tape l’incruste dans toutes les réunions de Candide. Et, heureusement, un nouveau voisin intéressé. Deux autres voisins ont gentiment fait part de leur indisponibilité. Faible taux de réponse ? Une certitude, ce message personnalisé a été lu, compris, identifié. A défaut d’avoir déplacé les foules il est donc susceptible d’avoir sensibilisé les choix, c’est toujours ça. Enfin, chacun se quittera convaincu que Martial est un meilleur choix que Francine et que cela n’exclut pas de soutenir le grand Bornard au second tour. A défaut du nombre le résultat est 100% positif.
Jacob, suite à leur fameuse rencontre, n’a pas failli à sa parole de soutenir Martial. Pilier de bar et anarchiste, il est surtout le prosélyte du Mouvement Acratique de la commune. Libertaire, il milite pour l'autonomie des consciences, la coopération des volontés, et l'égalité des conditions. L'acratie (à ne pas confondre avec l’acratie , nom commun féminin signifiant inefficacité, débilité, impuissance) se distingue de l’anarchie car elle accepte le vote en démocratie pourvu que le mandat soit sous le contrôle constant du peuple. Donc, dorénavant convaincu de la qualité du travail impulsé au sein des conseils de quartier par Martial, Jacob a réalisé un petit tract autocollant appelant tous les acratiques du 20° a voté Martial. « Les acratiques, combien de division ? », pourrait-on ironiser. Soit ! En tout cas des heures et des heures de propos de comptoir ! Et quand on connaît le succès des Brèves éponymes de Jean Marie Gourio. Soucieux de s’instruire Candide a donc découvert que l’acratie est aussi le système politique des Hodons, peuple de colons de fiction, bâtisseurs d’une société meilleure.

« Programme à approfondir d’urgence »
se plaît à penser Candide.

samedi 19 janvier 2008

La Francine au Marché


Candide fait son marché, comme tous les samedis. Il est d’emblée frappé par la présence des distributeurs de tracts plus nombreux que d’habitude. Au stand du PEC où se gèlent souvent seuls en cette saison deux retraités, toute l’équipe municipale est là ! Le Paulo, la Carmen, le Jacob et toutes les figures du parti que Candide connaît bien. Soudain passe le Dimitri avec une petite troupe de soutien. Mazette, c’est la première fois que Candide voit tout ce beau monde au marché ! Ce n’est tout de même pas ce rayon de soleil qui les fait ainsi bourgeonner ? Au coin du carrefour il tombe sur l’équipe du René, avec plein d’ex. du PED qui le soutiennent. En face Ginette, la députée du PES avec plein d’autres militants. Eux sont tous vêtus d’un très voyant K-way rouge arborant le nom de la Francine. Il croise même Jeannot, du fameux MER (Morceau En Réduction) en train d’arpenter gauchement les allées. Et bien sur les amis du PEV, en nombre eux aussi. Enfin, sur la petite placette en retrait, voilà t’y pas la Francine elle-même avec ses troupes toutes de rouge vêtue. Bon sans c’est bien sur, l’édile départemental, le grand Bornard est annoncé ! Qui dit grand Bornard dit médias, qui dit médias dit présence obligée. Chacun est donc venu pour faire tapisserie face aux objectifs. Et puis « rouler des mécaniques » aussi. Ceux qui se sont alliés dès le premier tours avec le PES : le PEC et le MER, histoire de dire qu’ils représentent une force locale justifiant leurs exigences, et puis ceux qui ne se sont pas alliés : le PEV. Histoire de dire qu’ils représentent eux aussi une force locale avec laquelle il faudra compter…

Candide connaît presque tout le monde, salue, discute. Candide est aimable avec chacun. Et chacun l’est à son égard aussi. Jusqu’à quand ? Nul ne sait encore qu’il s’est engagé auprès de Martial . Tous tentent encore de le tirer à lui. Mais il est 11h30 déjà !
« Bon ben c’est pas tout, j’ai le déjeuner à préparer » réalise Candide. Et il rentre chez lui sans attendre l’édile. Comme tant d’autre.

samedi 5 janvier 2008

Le Paulo


Candide l'aime bien le Paulo. Il fait parler de lui en ce moment. Il projette un devenir de tours pour loger tout le monde. De l'emploi et des logements. Brut de béton. Un militant à l'ancienne, version probe. Le mot précis. L'acte en rapport. La présence entière, jusque dans ses silences. Une figure à la hauteur de ce que fut ce parti. Le plus généreux. Le plus ambitieux. Le plus fourvoyé aussi. Agonisant aujourd'hui de son incapacité à maintenir en vie nos rêves d'une humanité meilleure.
Ses camarades sont à l'encan. Le Jacob dont Candide a apprécié la résistance à l'agression dans toutes ces réunions de terrains aux intérêts si divergents, si conflictuels et dont il réussissait toujours à sortir avec une conclusion, quelle qu'elle soit. Et puis la Carmen. Le visage lumineux. Un regard traduisant la force d'une vie toute entière offerte sans compter aux autres.
Bref : il est bien le Paulo ! Mais sa représentativité ne lui permet plus que de négocier sa présence sur les listes du grand Bornard, sans condition.