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vendredi 4 avril 2008

Le printemps arrive


Hier soir, Martial a également évoqué les orientations qu’il compte prendre au plan national. Une nouvelle structure « Le parti de la gauche » vient de se constituer et il va y prendre une part active. Elle regroupera des membres du PES actifs aussi bien que des ex, des membres du PEC et d’ailleurs. L’objectif est de travailler à la constitution d’un nouveau rassemblement de toute la gauche. Dans l’immédiat, le PES est fermé à chacun d’entre eux, mais après son congrès, probable que les portes se rouvriront sans trop de discernement. Ceux qui voudront poursuivre leur combat en son sein pourront y revenir, ceux qui préféreront rester à l’extérieur, comme lui, poursuivront ainsi, mais tous pourront se retrouver dans une telle structure, transversale et largement rassembleuse.

Pas sur pourtant que Candide se reconnaissent tellement dans ces mouvements en préfiguration et pas guère dans ses comparses les plus immédiats. S’il a fait ce bout de chemin durant les municipales c’est sur des bases de pratiques locales. Les enjeux nationaux, au sein ou en dehors du PES, il les voit assez différemment de cette assemblée quasi exclusivement constituée d’ex-barbusiens. Quitte à s’investir dans du temps de débat d’envergure nationale, il préférerait rejoindre quelque autre club politique plus proche de sa sensibilité européenne et social-démocrate.

« Mais tout ce devenir me concerne-t-il encore, moi, Candide ? » s’interpelle Candide. « Le printemps arrive. Les lilas bourgeonnent. N’est-il pas temps de retourner cultiver mon jardin ? »

dimanche 30 mars 2008

Sanction ou gratification ?


Candide se demande s’il doit « accepter » cette exclusion. Il pourrait parfaitement déclarer qu’il avait tout simplement démissionné le 31 décembre 2007, puisqu’il n’a pas « repris » sa carte. Concept certes très élastique. La cotisation n’étant souvent réclamée que tardivement. Certains sont ainsi restés adhérents sur le papier sans jamais payer ni être présent. Les sections peu pressées d’afficher une baisse d’effectif. Seuls les enjeux électoraux internes font revenir quelques égarés, être à jour de sa cotisation étant impératif pour pouvoir voter.
Exclu ou démissionnaire qu’est ce que cela change ?
Exclu, Candide n’a pas le droit de réadhérer au PES avant deux ans. En a-t-il l’intention ? Exclu, il est « fautif ». Est-ce une infamie ou un honneur ? Est une chose subie ou bravement attendue ? Aurait-il vraiment préféré démissionner ? C’eut été plus calculateur. Il était libre ainsi de revenir quand il voulait. Il serait demeuré seul maître de son destin. Mais celui-ci as-t-il besoin du PES ?
Exclu, il n’est pas seul. Il est en bonne compagnie. Des milliers d’adhérents le sont aussi devenus aujourd’hui en France, comme lui. Exclu, il fait partie de ceux qui ont ouvertement défié l’appareil, sachant l’issue.
Exclu, il s’est interdit de revenir. Et ce n’est sans doute pas plus mal.

Candide aurait pourtant bien volontiers développé l’une de ses arguties dont il maîtrise l’usage. Il aurait arguer de sa démission préalable avec une jouissive mauvaise foi, nul texte n’obligeant celle-ci a être formalisée par écrit. Il aurait envoyer des recommandés. Communiqué son contentieux à des organismes de défense des citoyens. Voire ester en justice. Déterminé, il aurait fini par faire invalider leur exclusion. Pourquoi faire ? Juste pour le fun.

« Le problème c’est que ce jeu risque d’altérer ma consubstantielle candeur » s’inquiète Candide.

samedi 29 mars 2008

Le cimetière des éléphants


Candide a lu récemment un article assez pertinent sur le PES dans un grand hebdo du 6 mars dernier. Extraits :

« Le PES ressemble aujourd'hui à sa caricature : une addition de stratégies personnelles où chacun peut désormais voter en conscience, nouer les alliances qui l'arrangent au gré des circonstances ou encore monter sa petite entreprise, son petit mouvement, en parallèle. Un pied dehors, un pied dedans. La holding de la rue de Waterloo fait mine de ne pas voir que ses fonctions de base - formation, réflexion, sélection des candidats - sont en train d'être externalisées. C'est le PES à la découpe ! Hier, les courants structuraient le vieux parti d'Epinal. Vidés de toute idéologie, ils se sont transformés en écuries présidentielles. Et puis, progressivement, eux aussi ont perdu de leur influence. Les barbusiens sont à la peine, les platz-craniens sont orphelins, les chochonistes préparent leur sécession. Quant aux pancho-betanoïstes, ils n'ont toujours pas trouvé de nom. Ce qui ne se nomme pas existe-t-il vraiment ? Seule à la tête de son armada, Marie Thérèse avance. Elle veut prendre la tête du PES. Pour quoi faire, on le devine. Pour en faire quoi, c'est beaucoup moins clair. Comme toujours quand le PES est en crise, les batailles de personnes remplacent les débats de fond. La situation n'en est pas moins paradoxale. Le PES se fragmente au moment même où les clivages idéologiques qui le traversent - sur l'économie, le social, la sécurité... -, n'ont jamais été aussi ténus. Aile gauche, aile droite, cela a-t-il encore un sens ? Au centre du PES, on trouve un bloc plus homogène qu'on ne le dit parfois. Mais plus qu'un bloc, c'est d'un ventre mou qu'il s'agit. […] Ainsi va le PES. Les sucettistes vivent sous le même toit, mais ils doutent de la solidité des fondations de leur maison commune. Les polémiques qui ont émaillé l'arrivée massive - puis le départ tout aussi massif - des «nouveaux adhérents», ces «connards à 20 euros», comme disent encore certains, ont éclairé d'un jour très cru ce malaise existentiel. A l'inverse de ses frères sucetto-démocrates européens, le PES n'a jamais été un parti de masse, mais un parti d'élus. C'est ce qui à la fois le rend insubmersible et l'emprisonne entre des murs trop étroits. Vivons petits, vivons heureux : c'était le prix de la tranquillité. C'est devenu la recette de l'impuissance. Le PES n'est pas mort, mais il mute. »

« Le connard à 20 euros vous salue bien » maugrée Candide.

Le 11.19 a frappé !


Candide a reçu du courrier !

Secrétariat National du PES

Paris le 27 mars 2008


Cher Camarade,


Tu as annoncé ta candidature pour les élections municipales de 2008 dans ta commune. Dans celle-ci, le PES a régulièrement investi une autre liste.
En vertu des dispositions de l’article 11.19 de nos statuts, sont réputés exclus les membres du Parti candidats à un poste électif pour lequel les instances du Parti ont investi un autre candidat.
Je t’informe donc que tu n’es plus membre du Parti En Sucette. Tu ne peux donc te prévaloir du Parti, ni utiliser ses logos ou emblèmes.
Ta fédération sera informée de cette décision.

Nous te prions de croire en l’expression de nos sentiments distingués.


Candide n’a adhéré au PES que deux fois dans sa vie. La première c’était en avril 1974. Il était de passage à Paris durant un trimestre scolaire. Il y avait une section dans la rue. Il se disait qu’il fallait faire quelque chose. Il a pris « sa carte », assisté à une ou deux réunions, jugé ses pairs peu enthousiasmants. Il a rejoint des activités plus rebelles. Le PES ne lui en a pas voulu.
En avril 2006 il a repris sa carte. Le PES invitait les citoyens à le rejoindre, à participer aux débats. Il se disait qu’il fallait faire quelque chose. Il a pris sa carte. Elle était en promotion à 20€. Une affaire. Il a assisté à une ou deux réunions, jugé ses pairs peu enthousiasmants. Il a rejoint des activités plus rebelles. Et, là, le PES lui en veut !
Parce que la rébellion, passe encore, mais le grippage de la machine à fabriquer des élus, c’est la faute suprême. L’article 11.19 ne rigole pas avec ça. Pour toutes les fautes possibles, il y arbitrage, instruction, commission des litiges, appel possible, etc. Mais pour une « candidature à un poste électif pour lequel les instances du parti ont investi un autre candidat… » Oulala ! C’est la faute lourde et l’exclusion au-to-ma-ti-que !

« J’ai réussi à vivre 32 ans comme citoyen actif entre deux adhésions au PES, j’arriverais sans doute à le refaire. Rendez vous en 2040 ! » défie Candide.

Baffritude


Le conseil s’est tenu dans la salle des fêtes. Public oblige. Il était nombreux. La doyenne a présidé la séance. Elle a fait son discours, un peu long, comme il se doit dans le genre. Puis fait appel des candidatures. Seule la Francine s’est déclarée. La parole a été donnée au Pierrot, au nom du groupe PEC, au Désiré, au nom du PEV, au Dimitri au nom du PES, à la Martine au nom du MER. Chacun a appelé à voter pour la Francine après s’être tactiquement positionné pour l’avenir. La parole a été donnée à Martial. Il s’est réjouit de la victoire de la gauche, s’est engagé pour une participation constructive, s’est prononcée pour une abstention positive. La présidente a communiqué la position de Nourdine, initiative tout à fait illégale, les positions individuelles n’étant pas de mises… Le vote a donné 34 « pour » et 5 « blanc ». La Francine a ceins son écharpe, pris la présidence du conseil et discouru à son tour.
Ses nouvelles fonctions n’ont pas réussi à lui faire transcender ses rancœurs. Elle a salué la qualité de la campagne de l’opposition de droite, citant le Jean Clément, le René et le Dieudonné pour mieux induire que celle des plus proches fut de moindre facture. Elle n’a même pas salué sa gauche, ses quatre candidats et leurs électeurs, ils s’en souviendront. Elle n’a eu aucun mot pour saluer le travail accompli depuis 12 ans par Martial, aucun mot pour les élus non renouvelés. Un passage de relais suintant d’amertume. La moitié de la salle ne s’est pas levée pour une standing ovation qui aurait pu ressouder tout ce petit monde. Candide n’a pas attendu le vote des adjoints et des délégations. Il y en a pour tout le monde. Enfin le tout le monde de Francine bien sur. Il retrouve sur le parvis l’essentiel de ses comparses avec lesquels il se rend au troquet pour boire un verre.

« Désespérant ! Mais je suis content d’être venu me déciller encore un peu plus » se chuchote Candide.

AU REVOIR MESSIEURS !


« Au revoir Messieurs », c'est le titre de l'article du jour dans la presse locale. Celle qui annonce par ailleurs l'élection sans surprise possible de Francine pour le conseil d'aujourd'hui à 15h.

Martial a inventé les conseils de quartier
L’« ANIMAL POLITIQUE » est toujours bien vivant. Exclu du PES pour dissidence aux législatives de juin, écarté de la liste PES des municipales dans la commune
où il était maire depuis 1995, Martial, 65 ans, a survécu à tout. Contre toute attente, sa liste dissidente a réussi à franchir le 1 e r tour le 9 mars et il a réussi à se faire élire en compagnie de cinq autres colistiers. Aujourd’hui, il ne pourra toutefois qu’assister la mort dans l’âme à l’élection de Francine, ancienne adjointe du Grand Bornard, le leader départemental de la gauche. « Mais je souhaite rester dans la majorité », insiste l’ancien maire, qui espère obtenir des responsabilités pour son groupe. « J’ai encore beaucoup de choses à apporter à la gauche, il faut rénover, refonder, j’ai beaucoup d’idées ». Une qualité que tous lui reconnaissent. Autant la personnalité jugée « froide », « hautaine », « calculatrice », a souvent alimenté des désaccords dans la commune, autant ses réalisations font l’unanimité. Dans le département, il est le premier à avoir créé les conseils de quartier. Il s’est également illustré par une farouche défense de la laïcité. Même ses adversaires politiques, comme son ancien opposant PED, René, décrivent « un bon maire, un vrai républicain qui a toujours respecté l’opposition ». « Dommage qu’il se soit entêté à vouloir rester au pouvoir, commente un élu de son ancienne équipe. Même s’il a prouvé, en réussissant à se faire élire, qu’il avait encore du savoir-faire politique. »

« Cette épitaphe me confirme que c'était un mentor de bon choix pour ma formation aux arcanes d'une élection locale » ponctue Candide.

dimanche 23 mars 2008

Isoline, Damien et Naemi


Viennent ensuite,

4. Isoline. Candide aime bien Isoline. Sans réserve aucune. Intelligence et générosité. Directrice d’un service de soins et d’accompagnement à la scolarité pour enfant déficients moteur elle travaille depuis plus de 15 ans auprès des populations les plus vulnérables et fragilisées par la vie. Membre du PES, elle y a occupé des fonctions nationales jusqu'à sa démission pour libre dissidence. Comme Candide, elle considère Martial comme un homme d'expérience avec un bilan concret et des projets à foison. Elle est en rupture et en rébellion contre les jeux d'appareils. Candide est ravi de l’avoir rencontré à cette occasion et poursuivrait volontiers l’échange au-delà. Elue, elle va rester constructive et retricoter un avenir plus conforme à son potentiel.

5. Damien. Candide aime bien Damien. Malgré son coté « pousses-toi de là que je m’y mette ». Responsable d’un établissement public à caractère social. Il est élu en charge de l’action sociale, de la solidarité et des personnes âgées. Il fut auparavant conseiller de quartier, directeur du centre social local et président de la 1ère régie de quartier impulsé par Katarina. Candide pense qu’il mériterait d’être mieux connu, mais que cela ne se fera pas. Dorénavant élu de l'opposition (?), il va sans doute se la jouer cool en attendant que le temps le replace en situation moins défavorable.

6. Naemi. Candide aime bien Naemi. Avec son coté « je suis black et je vous emmerde ». Elle est née à Yaoundé et arrivée en France en 87. Accueillie sans réserve dans la commune en tant que citoyenne à part entière. Travaillant dans le tourisme elle s’est investie dans les activités de son quartier et a intégré le conseil des habitants non communautaires créé par Martial. Naturalisée, elle a travaillé au sein de l’équipe de la démocratie locale. Elle a aussi réalisé un documentaire contre le racisme et les discriminations au quotidien. Candide est ravie d’avoir pu mieux connaitre cette quasi voisine simplement croisée jusque là. Elue, elle ne va manquer de monter au créneau sur tous les dossiers qui lui sont à coeur.

« L’élégante érudite, le social bourru et la black combative, un autre trio bien hétéroclite » se complait Candide.

samedi 22 mars 2008

Martial, Katarina et Nourdine


Sans doute est-il temps de mieux présenter les protagonistes de cette aventure. Ceux de la liste de Candide. Dans leur ordre formel et public, il en vaut bien un autre.

1. Martial. Candide aime bien Martial. Malgré son coté froideur de l’édile. Militant PES de la première heure, il a occupé moult fonctions au sein de son parti. Vieux brisquard de la politique, il a connu tous les dirigeants de cette organisation et bien d’autre encore. C’est grâce à lui que la mairie a été conquise en 95 et à 65 ans, il est encore capable de repartir à la conquête de moulins à vent, de se projeter dans la construction d’un nouveau mouvement refondateur, de repartir à zéro. Il a le tord d'habiter les beaux quartiers. Il lui manque du charisme et semble distant. On ne découvre son humour que dans l’intimité de quelques rares moments. Il est intelligent mais laisse volontiers le dernier mot à plus agitateur que lui. Et comme il n’impose pas, il a tendance à travailler en solitaire. Pas facile à gérer. Elu, il dit qu’il ne restera pas forcement jusqu’au bout de son mandat. Pour faire de la place aux « jeunes ».

2. Katarina. Candide aime bien Katarina. Malgré son coté pétroleuse des faubourgs. Elle est née dans la commune, rue des noisetiers, et elle y vit et y travaille depuis toujours. Fille d’immigrés espagnols, elle a le militantisme dans le sang et a pris une part active dans les associations créées pour défendre le maintien au logement face aux expulsions des années 80. C’est ainsi qu’elle a rencontré Martial, conseiller d’arrondissement alors dans l’opposition, seule élu à bien vouloir l’écouter et la soutenir. C’est ainsi qu’en tant qu’associative, elle a rejoint l’équipe municipale et créé la première régie de quartier. Stakhanoviste, elle a pris en charge la mobilisation de l’équipe avec une énergie limite insupportable. Candide ne se reconnait plus dans ce style. Elue, elle ne va pas lâcher la Francine. Et c’est tant mieux !

3. Nourdine. Candide aime bien Nourdine. Malgré son coté hâbleur du bled. Né en Kabylie, médecin, fondateur d’une radio locale, très impliqué dans tous les mouvements liés à l’intégration et la reconnaissance des Maghrébins, son parcours est d’une rare qualité. Habitant la commune, il a souhaité s’associer à Martial pour faire avancer plus encore la diversité et l’ouverture dans la commune. Parfois grandiloquent et discoureur, il abuse du « moi je » propre au self made man. Candide aurait bien aimé mieux le connaitre, mais il sait que cela eut été vain. Restera-t-il élu ? Pas certain que le statut de conseiller d’opposition sans pouvoir ni moyen ne lui soit pas rapidement insupportable.


« Le politique des beaux quartiers, la pétroleuse des faubourgs et l’entrepreneur maghrébin. Hétéroclisme sain du bon, de la bête et du truand. Dans le désordre » concéde Candide.

jeudi 20 mars 2008

Sainte Isoline


Candide était également invité à une soirée chez Natacha. Il avait d’abord cru à un diner intime entre amis de longue date et avait regretté l’indisponibilité annoncée de sa tendre Hina, écartée de par son voyage à Dubaï. Heureusement pour elle, quand il comprit qu’il s’agissait plutôt d’une rencontre politique semi-privée à laquelle était également conviée Isoline. Prudent, ils arrivèrent ensemble, sachant que l’assemblée serait exclusivement composée de membres du PES, pas forcement très francinophiles mais très probablement martialophobes. Ils arrivèrent tardivement alors que la réunion était déjà commencée. Les regards se tournèrent vers eux, incrédules. Interrogatifs mais non agressifs. L’invité était l’un de ces dirigeants nationaux du PES, rodant sa candidature à la fonction dirigeante suprême sur laquelle devait statuer le prochain congrès en novembre. Natacha, assisse a ses cotés, présidait les prises de paroles et sourit aux anges à leur venue. Il y avait là beaucoup de convivialité, de propos politiques pertinents, de justes constats sur l’état du PES. Bref une réunion politique comme Candide aurait aimé en rencontrer depuis deux ans au PES. Comme beaucoup parmi les présents qui faisaient justement le constat que le PES était bien en panne de cette dynamique. Candide pris la parole. Juste pour s’assurer que chacun avait bien compris qu’Isoline et lui avait soutenu la liste de Martial. Un outing assumé et affable, solidarisant sa position avec celles qui venaient d’être exprimées par d’autres.
« A quoi ce sont résumés les enjeux du PES au sein de notre commune où la victoire lui était assurée ? A tuer Martial ! A tord ou à raison, c’est dorénavant chose faite. So what ? Et maintenant ? Un PES meurtri et une maire dont peu ici défendrait a priori la compétence. Voilà ce qu’est le PES aujourd’hui, une machine sans débat, juste bonne à produire des élus et exacerber les luttes fratricides. » Aucun contradicteur. Le débat s’est poursuivi. Candide avait réussi sa reprise de contact avec le cercle des gens de l’au-delà de l’équipe acquise à Martial. Isoline, elle, validait auprès d’un expert que, démissionnaire avant d’avoir été exclue, rien ne s’opposait, statutairement, à sa nouvelle adhésion...

« Avant que le coq chante, ... » philosopha Candide.

lundi 17 mars 2008

Têtes hautes


Hier soir donc, Candide s’est rendu à la Mairie. Bunkérisé dans le bureau de Martial, il a compilé avec lui les résultats des bureaux de votes au fur et à mesure de leur validation. Très vite, est apparue une fourchette de 28 à 32 %. Grande satisfaction. L’objectif fixé était de réaliser au moins 25%. Du coup, ce second tour contraint et mal heureux, allait permettre à cette liste d’en ressortir la tête haute ! A quelques uns ils ont rédigé la déclaration du jour. Et à 22h, Martial, suivi de tous ses colistiers et proches soutiens, a rejoint la Salle des fêtes. Ils ont à peine forcé le passage pour accéder, par la salle de contrôle des résultats, à la régie. Là, entouré de son groupe, séparé de la foule et du reste de la salle par les barrières de sécurité, Martial a pris la parole. Chaque paragraphe a été porté par les applaudissements nourris du groupe, les « Merci Martial », « Bravo Martial » scandés en rythme, couvrant, proximité du micro aidant, les sifflets et lazzi des partisans de Francine qui n’y pouvaient mais. Il y avait quelque chose de surréaliste et réjouissant dans ce coup d’état médiatique. Martial annonçant sa propre victoire, fustigeant les sectarismes et manœuvres du PES, avant leur propre prise de parole. Leur coupant l’herbe sous le pied vis à vis des habitants réunis là en masse pour saluer la victoire de la gauche dans leur commune. Il sont ressortis en meute, comme ils étaient venus, bramant « tête haute, tête haute ». Gamins ! Et les têtes basses et furibardes du staff du PES furent pour eux une grande satisfaction. Rapine faite, tous se sont rendus rue des Charmilles pour fêter ce résultat et ne surtout pas assister à l’arrivée de Francine. Discours de victoire, de congratulations, de remerciement de Martial. Mais aussi discours porté sur le futur, sur le travail à poursuivre, sur l’heureuse mobilisation à construire. Candide est vite rentré chez lui pour rédiger son communiqué de presse du jour. Et sur le chemin du retour, pédalant sous la bruine, il demeure, comme au premier jour, d’une candeur inébranlée.

« Mais comment font-ils pour ne jamais être abattus, ces animal-politiques ? » dodeline-t-il au rythme de sa course nocturne.

dimanche 16 mars 2008

"Jour J, deuxième ! "


Jour J ! Bis repetita. Cette fois-ci, Candide se rend aux urnes avec sa tendre Hina. La procuration de son fils Siffrein en poche. Celui-ci étant aller chez les ch'tis. Les vrais, pas les comiques troupiers. Il a renoncé, là encore, à bloquer sa journée à présider ou assesser un bureau de vote. Sa mauvaise conscience parpaillote lui susurre que s'il manque quelques voix seulement à un franchissement de seuil, se sera forcément parce qu'il n'aura pas été présent "right place, right time" pour éviter une manipulation sournoise... Il ne giboule plus comme dimanche dernier. C'est un temps à aller voter. Humide et blanc, presque beau, comme il se doit en mars. Mais le faible taux de participation de dimanche dernier va sans doute être plus faible encore. Il constate avec satisfaction que quelques unes de ses affiches de la veille ont resistées aux "décolleurs fous". Elles étaient judicieusement placées dans les angles morts de la circulation totomobile, invisible de leurs patouilles ineptes.
Il prend les deux bulletins de vote, non par discrétion républicaine, mais juste pour le plaisir de mettre celui de Francine à la poubelle. Il salue et encourage les mêmes assesseurs que la semaine passée. Les questionne sur l'évolution du taux de participation. Evoque et partage ouvertement le dommage de cette lutte fratricide et de l'élimination absurde de toute droite au conseil. Discussion irréelle, tant elle est illégale, au-dessus de l'urne !
Il croise alors Martial et Isoline, faisant leur tournée d'inspection des bureaux de vote. Scrutant les poubelles des isoloirs pour se rassurer en y trouvant des bulletins "Francine". Il leur présente Hina.

« Damned, avec tout ça, j’ai complètement oublié l’anniversaire de mon frère cadet » se souvient brutalement Candide, « maman m’avait bien dit que j’y perdrais mon âme ! »

Et au bout du bout ? Il y a encore un bout ?


00h, Candide vient de rentrer. Parti depuis plus d’une heure. La pluie avait cessé. Un gros paquet de tracts agonisait sur le coté de son bureau. Bientôt la poubelle. Non ! Ressortir, aller les clipper sur les voitures alentours, comme autant de petites affiches, comme autant de clignotants visuels. Il est donc parti, tout seul, dans la zone. Arpentant trottoirs et rues humides, dans un sens, puis l’autre. Il a croisé ces ombres furtives qui glissent dans la nuit. Trafiquants notoires ou quidams de retour, détrousseur de passants ou promeneurs de chiens ? Il ne ressent aucun danger, comme si l’incongruité même de sa fonction de colporteur tardif de bonne parole électoral lui servait de viatique. Une dame à chien l’apostrophe : « C’est pour qui ? Martial ? Et ben ! C’est courageux, ce que vous faites ! A cette heure là ! ». La conversation s’engage, s’éternise un peu, son chien n’est pas pressé de rentrer. « Ben je vais voter pour vous parce que vous êtes un brave gars ! J’espère que Martial en prendra de la graine, hein !». Une voix de plus…
Au retour, il a observé sur le boulevard les « décolleurs » en cours d’action. Pauvres d’eux ! Le PES n’ayant plus de matériel électoral s’emploie, à défaut, à décoller toutes celles de Martial. C’est fait proprement sans bavure, pas à l’arrache, non, au couteau de peintre, sans rien laisser. C’est gentil pour les ouvriers municipaux … mais avoir comme seul acte de campagne celui de supprimer la parole de l’autre parce que l’on est soi-même devenu aphone, c’est bien là le degré zéro du militantisme. Candide rentre satisfait de lui-même. Tout simplement.

« Fait ! Et bien fait ! Comme dirait Hina !» s’affirme Candide.

samedi 15 mars 2008

Au bout du bout du bout du bout...


16h, l’ultime parcours. Candide repasse dans ses rues avoisinantes avec Xander. Il pose son seau, trempe son pinceau, enduit le mur, pose l’affiche, lisse le papier, reprend son seau, pose le seau un peu plus loin… Le tennis-elbow le guette. Xander suit avec sa chariote pleine d’affiches, et appose ses autocollants sur chaque espace disponible. Un passant l’apostrophe « vous acceptez les voix de droite ? Je vous donne la mienne ». Un autre plus loin « Il est bien du PEC, le Martial ? » Candide reste évasif. Chaque voix est bonne à prendre dans cette ultime partie.
18h, happening sur le perron de la Mairie. Devant les grandes portes. Le PES qui tractait là reflux dans un coin de la place. Les trois voitures de la campagne, couvertes d’affiches bordent l’équipe Les plus valeureux se relaient au mégaphone, Saada, Xander, Naemi, … Candide prend quelques photos souvenirs. D’autres polémiquent en vain avec quelques militants PES. Les passants viennent saluer Martial : « on vous soutient, Monsieur le Maire ! ». Cette joyeuse et bruyante équipée ressemble à un sprint final. Ce moment où l’on donne tout ce qui reste d’énergie en soi. Mais là, nulle grimace d’effort, juste la bonne conscience du devoir accompli, au bout du bout du bout.
19h, Candide a récupéré quelques poignées de tracts. Si le boîtage n’a plus de sens puisque personne ne viendra ouvrir sa boite d’ici lundi, il reste les voitures ! Après avoir invité chacun à faire de même, il rentre chez lui par mains détours pour épuiser jusqu'à son dernier tract sous les essuie-glaces disponibles. Il continue au-delà avec les quelques autocollants qui lui restent. Ce n’est que vers 20h, battu par la pluie qui lui empêche dorénavant toute action efficace, qu’il rentre chez lui. Les mollets en crampe !

« Je ressortirais peut-être avant minuit s’il cesse de pleuvoir » s’engage Candide en s’affalant dans un fauteuil.

Machines zaélire


13h, rue des Charmilles, l’ultime rendez-vous hebdomadaire de la mi-journée du samedi. Tous se retrouvent pour prendre ce qui reste d’affiches, de tracts et d’autocollants. Chacun s’embrasse. Sourires modestes du travail bien accompli et de la défaite bientôt consommée. Défaite ? Martial fait son speech dont il a le secret. Il ne parle que de victoires et de succès. Succès d’une campagne de proximité, d’écoute et de partage. Succès d’un score exceptionnel eu égard aux moyens mis en face. Succès de toute une équipe, soudée, ancrée dans la commune, toute à son image. Succès de ce qui s’annonce, de ce qui va être poursuivi, construit encore, plus loin. Foi d’airain du politique qui jamais ne s’abat. On se gausse de ce qui s’annonce. On sait déjà qui sera le directeur de cabinet de Francine : un homme du grand Bornard ! Plus question que cette commune, la deuxième du département, joue les trouble-fêtes. On ironise sur le bronzage de Dimitri, détendu, visiblement pas fatigué de sa campagne dans laquelle, comme on le supputait d’emblée, il ne s’est pas investi. Sa force, c’est le tripatouillage en amont, pas le terrain. On constate que l’affichage continu à être fait par des professionnels et que le tractage du PES, hier au marché, était, une première, fait par des « volontaires » d’une autre commune. Où sont passé les militants du PES ? Où est l’enthousiasme de leur victoire annoncée ? Où sont les habitants en soutien ? Rue des Charmilles ! Paradoxe de cette campagne, le terrain fut du coté de Martial, mais la grande masse des électeurs qui dorment plus que ne vivent dans la commune ont voté «PES » sans se poser plus de questions. Candide avait toujours considéré que les partis n’étaient, hélas, plus que des machines à porter des élus. Il découvre que s’ils ne servent plus qu’à « ça », ce « ça » ne peut guère se faire en dehors eux.

« Et certainement pas contre !»
comprend mieux Candide.

jeudi 13 mars 2008

Guignolades !


Ce qui se passe dans la commune a-t-il finalement un quelconque intérêt pour les gens, ailleurs ? Il est à gauche et il le restera. C'est ailleurs que les vraies choses se passent. En terme de suspens politique, c'est indéniable. Mais la politique se réduit-elle à cela ?
Les échos dans la presse se limite aux propos assassins du PES à l’encontre de Martial : « après le 9 mars, ce sera trop tard... », « si Martial n’était pas parti en desperado aux législatives, il serait aujourd’hui en position d’être maire » et ressasse la théorie de « l'homme seul qui s'accroche à son fauteuil ». Que cet aspect soit à prendre en compte est une chose. Mais personne ne semble s'intéresser à ce que DIT Martial lorsqu'en juin il décide de présenter sa candidature après l'avoir retirée dans un premier temps. Personne ne soulève le double déni de démocratie que l'appareil du PES a commis à cette occasion. Personne ne s'étonne aujourd'hui que les dirigeants locaux du PES en restent à la personne de Martial et se moquent éperdument des électeurs de gauche qui ont fait un choix clair et adressé un message précis. En agissant comme il le fait, le grand Bornard dit et fait des choses intéressantes.
Comme, par exemple, le fait de s'arroger le droit de décider qui est de gauche : il ne reconnait que la gauche des appareils et ignore une gauche de la rue, des quartiers, des mouvements associatifs et de la démocratie participative... Comme, par exemple, le fait de refuser d'accorder à des milliers d’électeurs de gauche la représentation issue des urnes au sein de la majorité municipale au prétexte qu'il n'ont pas choisi le candidat de la bonne gauche... Comme, par exemple, le fait qu'il préfère créer les conditions d'une division de la gauche plutôt que favoriser l'union pour affronter la droite... Comme, par exemple, le fait qu'il affirme par ce comportement que tout ce qui lui résiste doit DISPARAITRE...
Bref, à cette occasion, Candide en apprend beaucoup sur le caractère du grand Bornard qui prétend aux destinées du PES et, s'il le peut, à un destin plus national encore.

« Et dire que l'on reproche à Duracel de n'être que dans l'affectif... » se navre Candide !

Menteurs !


Depuis deux jours, les équipe du PES qui tractent sur les marchés ne cessent de répéter « Martial a refusé l'accord avec nous ».
Pourquoi un tel mensonge ? Sans doute pour masquer une réalité avec laquelle beaucoup d’entre eux sont mal à l’aise : Francine n’a même pas accepté d'engager la moindre discussion au soir du 1er tour, alors que Martial a immédiatement appelé à l'union derrière Francine, sur la base de l'arithmétique des urnes. Il ne faisait là qu'appliquer le principe qui veut que la liste arrivée en tête au soir du 1er tour conduise la liste de rassemblement pour le second.
Ce refus n'est évidemment pas le fait de Francine seule : elle n'a pas l'envergure politique pour prendre une telle décision. C'est un ordre qui est venu d'en haut, du grand Bornard, qui, lui non plus, n'a même pas accepté de prendre au téléphone son « ami Martial » qui a pourtant tenté de le joindre à de multiples reprises au soir du 1er tour et toute la journée du lendemain.
Pourquoi un tel refus ? Ce qui insupporte le grand Bornard au plus haut point, c'est que Martial ait pu lui résister, à lui, LE Bornard. Au-delà de l'évidente dimension caractérielle, il s'agit aussi de faire passer un message au PES qu'il a la prétention de diriger bientôt . En matant la dissidence dans le 20e, il adresse un message : « Quand je serais le premier d’entre vous, je ne veux voir qu'une tête ».

« Alouette, je te plumerais... » caracoule Candide !

mercredi 12 mars 2008

Lettre ouverte


Candide a suggéré à Martial d’écrire une lettre ouverte et de la faire adresser par mail au maximum de personnes en initiant une sorte de chaine sur le web. Pour être concret il rédige lui-même un premier jet. Dingue, Martial lui renvoie son texte avec d’infimes corrections. Dommage que les talents de Candide ne se dévoilent finalement qu’au moment où le candidat qu’il a défendu s’apprête à être mis a terre. Candide ne pourra pas devenir « chef de cabinet » ce qui n’aurait pas manqué de lui être proposé en cas de victoire.

Lettre ouverte aux habitants

Chers concitoyens

Le 16 mars, vous allez devoir choisir entre deux listes. L’une, arrivée en tête au premier tour est portée par la candidate du PES, l’autre, la mienne, est portée par votre Maire, fondateur du PES et militant fidèle jusqu’à son exclusion l’an dernier. Un maire qui a, le premier, fait basculer notre commune à gauche. Comment est-on arrivé à la situation actuelle ?

Ce ne sont hélas que des histoires internes au parti dont je suis issu. Vous en percevez la cacophonie au niveau national, vous en constatez maintenant les dégâts au niveau local. Ambitions personnelles, batailles de courant plus que de projet, manœuvres d’appareil ont conduit à cette situation délétère. Je me suis insurgé l’an dernier contre un parachutage sans vote de la section PES. J’ai exprimé mon désaccord en me présentant à vos suffrages contre ce candidat imposé. J’ai aussitôt été sanctionné par mon exclusion. L’occasion était trop belle d’écarter un maire insuffisamment soumis aux diktats de son parti.

Je ne regrette pas cette indépendance d’esprit et d’action. Elle a animé toute ma vie politique. Elle m’a permis de vous proposer, au premier tour, une liste conforme à mes valeurs. Cette liste est composée de personnalités extrêmement diverses. Beaucoup ont milité ou militent encore dans des partis, au PES bien sur, mais aussi au PEC, au PEV, et dans des mouvements et partis plus à gauche encore. Beaucoup, les plus nombreux, ont surtout une action de terrain de longue date dans notre commune. Dans nos associations locales, dans nos conseils de quartier, plaçant toujours leurs seules ambitions au service premier de notre collectivité locale. Enfin, parmi tous ceux qui nous soutiennent, d’autres ne se reconnaissent pas à gauche mais conviennent que tout ce qui a été fait dans notre commune depuis mes deux mandatures a été utilement fait et bien fait. Et que cela mérite d’être poursuivi.

Le 16 mars, la victoire du PES est d’ores et déjà acquise dans le département. Je l’ai toujours dit, je m’inscris dans les fondamentaux de son programme auquel j’ai largement pris part. Mais faudrait-il qu’il soit mis en œuvre sans aucune voix contradictoire ? Les meilleures intentions du monde, quand elles ne permettaient pas la contestation, ont engendré des dérives démocratiques. Et avoir un bon projet pour le département est loin d’être suffisant, encore faut-il que les habitants de la commune en reçoivent leur juste part ! Cela n’a pas toujours été le cas jusqu’ici. En tant que Maire, je me suis toujours battu pour que la commune bénéficie de moyens à la mesure d’une plus grande équité. Il faut encore faire plus. Il faut oser l’exiger, il faut avoir le courage de se battre pour l’obtenir, il faut avoir les compétences pour y parvenir. Ces qualités, les élus qui m’entourent dans notre liste et moi-même en ont fait preuve, et tous mes colistiers plus encore, dans leur vie quotidienne au service de tous, au plus près de vous.

Je vous invite à vous mobiliser pour que, au delà de vos préférences nationales, en aucun cas, notre commune ne soit oubliée. Et pour que la priorité de notre futur maire, soit bien, d’abord, notre seule commune.


Merci.

Martial, le 12 mars 2008.

« Ben maintenant y a plus qu’à le diffuser au maximum de gens ! Je vais encore me fâcher définitivement avec mes voisins et quelques faux amis ! » complète Candide.

C'est un complot !


Candide n’a fait qu’un bond ce matin en parcourant la presse locale. Sous la photo de Martial la légende : « Martial n’a pas souhaité d’accord avec le candidat officiel du PES ». Comment une telle contre-vérité peut-elle être ici, ainsi, exprimée ? Incompétence ou complot ? En vertu de la loi de 1881 sur la presse, Candide rédige aussitôt une demande de rectificatif pour l’édition du lendemain :

« Cette information est une totale contre-vérité de nature à entacher gravement le jugement des électeurs à notre égard. Il ne peut s’agir que d’une erreur involontaire, calamiteuse mais rectifiable. En effet, vous avez reçu notre premier communiqué dimanche soir annonçant, aussitôt connu les résultats, notre appel au rassemblement de toute la gauche conformément à la discipline républicaine qui prévaut dans notre département depuis plus de 40 ans. Nous avons confié à votre journaliste que nous ne parvenions à rentrer en contact avec aucun des dirigeant du PES locaux à ce sujet. Nous avons fait une conférence de presse, où votre journaliste était présent, ce lundi à 15h, où nous avons expliqué que, toujours dans l’attente d’une réponse, nous allions nous trouver contraints malgré nous de nous présenter au second tour. Votre journaliste nous a lui-même rapporté que les propos qu’il avait recueilli par ailleurs lui confirmait que c’était bien le PES qui refusait tout accord avec la liste Martial et non l’inverse. Le communiqué que nous vous avons envoyé ce même lundi à 16h est sans ambiguïté à ce sujet.
Nous vous demandons donc de bien vouloir préciser à vos lecteurs dès votre édition de demain que c’est bien la liste du PES et non la liste de Martial qui a refusé tout accord au second tour, quelles qu’en soient les conditions et ce malgré notre totale ouverture et les dizaines d’interventions auprès de toutes les personnes susceptibles de faire aboutir à une liste commune. »

« C’est dingue ! » se dit Candide par lui-même, « mais surtout : ne pas oublier d’en sourire... ».

mardi 11 mars 2008

Un univers impitoyable


« C’est Dallas » comme le dit Mortimer à Candide.
Si aucun échange d’information n’a eu lieu entre les protagonistes formels de ce second tour, elles n’ont pas manqué de circuler entre les seconds couteaux. Véritables amis désolés ou tartufes patentés, chacun n’a fait que confirmer les points suivants :
1) Le grand Bornard a piqué un coup de colère dimanche soir considérant que si sa candidate n’avait pas obtenu la majorité au premier tour, c’était bien évidemment de la faute de Martial. Les bruits qui avaient couru étaient fondés : il y avait bien eu un sondage privé commandé par le PES et qui établissait que celui-ci ne ferait pas plus de 7 à 8% ! Faire le double a donc été ressenti comme un dol. Une agression personelle contre une victoire annoncée dans un fauteuil. « Il me le paiera » fulmine-t-il depuis hier, nous raporte-t-on, tout en nous faisant répondre par ailleurs qu’il ne s’occupe pas des tractations locales ! Comme il lui faut généralement 48h pour se calmer, les délais sont trop courts pour que la raison l’emporte.
2) Au sein du PES local, justement, il y aurait une divergence de vue. La Francine, se projetant raisonnablement dans le futur, plutôt favorable à la conciliation, fut-elle hypocrite et tactique. Le Dimitri, ex PDP dans sa jeunesse, ne se complaisant lui que dans les manœuvres et les règlements de compte, est partisan de poursuivre le parricide jusqu’à son terme. Mais chacun admet, alors qu'il craignait terriblement le contraire, que la campagne de Martial a été de qualité. Sans coup bas. Sans forfaiture. et avec une mobilisation et une présence sur le terrain remarquable.
3) Le PEV de son coté, affiche sa compassion. Alors que chacun sait que l’objectif du Désiré est d’obtenir le plus possible de poste éligibles sur la liste de fusion, son intérêt objectif et que, surtout, le PES ne passe pas d’accord avec Martial. Ils sauvent leur meuble. Comme le PEC, leur premier souci est de se maintenir au pouvoir. Et si pour cela, il faut manger leur programme, il est fort heuresement en papier recyclé et imprimé avec de l'encre bio !
4) Le René est en embuscade. Ravi d’avoir étrillé le parachuté du PED, il est évidemment désespéré d’avoir manqué de quelque voix la possibilité de se présenter au second tour. Il ne souhaite qu’une chose : que le PES et Martial s’entendent. En effet, si les deux listes ayant le droit de se présenter au second tour fusionnent, la troisième, même sous le seuil des 10%, à alors la possibilité de se présenter.
5) Des ambassadeurs sont envoyés auprès des partis éliminés. Le Billy du PDT est susceptible d’appeler à votre Martial. « Vote révolutionnaire » pour modérer le pouvoir en place peuvent-ils se justifier. Sur que quelques autres vont suivre parmi le PDO, le PDA, voire le PDP.
6) Pas de contacts avec le Dieudonné bien sur, dorénavant privé de tout mandat local, qui ne remettra sans doute plus les pieds de sa vie dans cette commune, mais il est fort possible que ses électeurs se portent sur Martial, furieux que le grand Bornard se soit dédaigneusement passé de tout accord avec le PEB dans le département.
7) Tous les avis conviennent que le score de 16%, dans le contexte local si particulier de cette commune et de ce département est une belle performance. Mais ce score pose pourtant problème. Plus faible il eut été facile au PES de proposer, sans alternative, un ou deux postes de consolations. Plus fort, ils n'auraient pas pu prendre le risque de la non fusion. Mais là... c'est un entre d'eux où le mutisme apparait comme la solution qui s'impose puisque c'est la seule qui n'a pas besoin de s'argumenter !

Le temps semble suspendu dans l’attente de l’échéance de 18h. Martial affiche une sérénité remarquable. En vieux brisquard de la politique il sait combien rien n’est jamais définitif. Il sait aussi encaisser les échecs comme ne pas s’euphoriser des victoires. Il sourit à la perspective d’avoir le temps d’écrire son prochain livre « Pourquoi le grand Bornard ne peut pas avoir un destin national ».

L’action locale est également suspendue. Démobilisation ? Trop tôt pour le percevoir. Le nouveau matériel de propagande ne sera disponible que demain. Il ne restera alors que quelques jours pour s’exprimer. Plus de porte à porte, juste du contact direct avec les habitants. Pour expliquer, expliquer encore !

A midi, coup de fil à Martial. Fort de l’absence total de contact, il est certain que plus rien ne peut maintenant changer.

« Je suis désolé, je ne peux pas encore t’enlever les affiches qui couvrent notre couloir, il reste une semaine de campagne » va devoir s’excuser Candide auprès de sa douce qui ne goutte guère cette décoration fusse-t-elle provisoire !

lundi 10 mars 2008

Martial se maintient au second tour !


A 6h30, le réveil sonne. Las, Candide ne pourra pas se rendormir. Sa tendre Hina lui apporte un café et le quotidien. A 9h, il est de retour dans le bureau de Martial à la Mairie. Il y restera jusqu’à 18h. Bonne idée d’avoir prévu ce jour de congé ! Très intéressant d’assister ainsi en continue à toute cette journée où se succèdent réunions de staff, visites de collaborateurs, téléphones de colistiers, décisions en petit comité, dans ce grand bureau où Martial vit ses derniers jours. Candide s’est installé derrière un micro et un téléphone. Il y rédige certains mails pour Martial, l’invitation à la conférence de presse à 15h, puis son compte rendu sous forme de communiqué :

« Martial se maintient au second tour !
Hier soir, notre liste a obtenu 16% des suffrages exprimés. Fort de ce résultat, et comme le grand Bornard l’avait indiqué auprès de Martial en novembre dernier, nous nous sommes rapprochés dès hier soir de lui et de sa liste arrivée en tête.

Nous nous sommes vu opposer une fin de non recevoir. Le PES, limitant son accord au second tour au seul PEV, refuse de pratiquer le rassemblement avec une liste qui constitue la 2ème force politique dans notre commune et qui est issue de la majorité sortante.

Refuser de pratiquer la discipline républicaine serait un acte sans précédent dans notre département depuis 1965, privant un électeur de gauche sur quatre de toute représentation et sanctionnant tout particulièrement l’expression des quartiers les plus populaires.

Nous constatons que ni le bilan de Martial ni son programme ne sont contestés.

Nous sommes consternés par cette manifestation de crispation sectaire.

Soucieux de faire respecter le mandat des électeurs qui nous ont manifesté leur confiance et d’assurer le renouvellement non bureaucratique de la représentation politique de notre commune dans sa diversité, nous maintiendrons notre liste au second tour. Les électeurs doivent pouvoir se déterminer clairement à gauche. »

Parallèlement, il intervient sur chaque sujet, apporte d’utiles contributions, convaincs les uns et les autres d’avancer dans le sens préalablement déterminer avec Martial. A midi ils déjeunent tous les deux à la brasserie du coin. En fin de journée, Martial ne prend plus une décision sans lui demander son avis. Et le suivre. Rien d’extraordinaire dans cet apport, mais une agréable complicité naissant ainsi sur le tard et qui est très gratifiante pour Candide.
En résumé, il est convenu de mener de front l’ouverture sans réserve à une liste de fusion. Avec les usages en vigueur : proportionnalité des colistiers sur la base des résultats de chacune des listes fusionnées. Mais parallèlement, compte tenu de l’intention manifeste du PES de ne pas discuter, mise en ordre de bataille pour un second tour. Et pour que cette détermination ne soit pas équivoque, annonce à la presse à 15h. Candide appelle personnellement chaque journaliste. D’un téléphone il émet, de l’autre, son portable, il reçoit. Il obtient, là l’assurance d’une brève, là un article plus conséquent. « J’ai Martial à coté de moi. Il peut compléter mes propos, si vous le souhaitez ? ». Banco, cela marche toujours !
A 19h, tous les colistiers et le comité de soutien sont convoqués rue des Charmilles pour faire le point de ses premières 24heures. Leur annoncer le nouveau matériel de campagne : juste une affiche bandeau et des autocollants. Un nouveau slogan, trouvé par Candide : « Priorité à la commune ». Sous-entendu, priorité face aux manœuvres d’appareils, face aux calculs politiciens, à la soumission au département, etc…
La profession de foi est retravaillée par Candide dans un sens plus pédagogique, disant simplement et réellement pourquoi ils se présentent. Soucieux de n’être pas interprété comme dans l’opposition à la gauche, il évite néanmoins la mise en avant de ce qualificatif afin de ne pas se priver des lecteurs de droite qui ne sauront plus pour qui voter. Avec leur maire, tactiquement neutre, seule liste distincte du PES, cela peut être intéressant. Le calcul, c’est qu’avec 25% des voix - comment ne pas les avoir ? – la liste Martial obtiendrait 5 postes de conseillers. Avec 35 %, six postes, presque autant que les 8 que pour une fusion avec le PES si elle se faisait !
Les bulletins de vote et la profession de foi seront lancés demain à l’aube, l’imprimerie ne peut attendre. Mais la liste a jusqu’à demain 18h pour être déposée. D’ici là tout peut encore arriver…

« Je ne vous suis pas rue des Charmilles, je rentre chez moi pour continuer le lien avec les journalistes » prétexte Candide vers 18h30, avide d’un break en famille avant de se coucher tôt.